LA LOI « PRIVILÈGE » de BHM  ou « Les Frelons et les mouches à miel »

Considérations sur la décision de la Cour Suprême du Mali (Section administrative) du 5 mars 2015

REMOUS AU SEIN DU GOUVERNEMENT MODIBO KEITA   Après sa tentative de démission, le soldat Igor en mission commando au FMI

 Le ministre de l’Economie et des finances, Mamadou Igor Diarra a-t-il renoncé à sa démission du gouvernement ou l’a-t-il tout simplement différée ? Nous en saurons davantage à son retour des Etats-Unis d’Amérique

 

LE CONTENTIEUX DE L’ÉTAT EST-IL AU-DESSUS DE LA CONSTITUTION ET DE L’ÉTAT DE DROIT ?   Pourquoi exerce-t-il comme un Procureur et protège-t-il les Frelons ?

 

AbeillesDans un récent article, nous rappelions le statut ambigu (à la fois banque, agent comptable public et autorité administrative centrale), les attributions discutables (Loi 08-005 du 8 février 2008) et le rôle de prédation d’entreprises de la BHM (émission de Titres de créances exécutoires), en marquant son évidente collusion avec la Direction Générale du Contentieux de l’État.  

BREVES ET CONFIDENCES DU SPHINX

 

IBK renforce sa sécurité : la garde présidentielle jalonne le chemin du cortège

SI CE N’EST PAS OUMAR MARIKO, CE SONT SES PROCHES… Le MP 22 crache du venin sur IBK et son régime

Après un moment d’hibernation, le MP22 reprend du service, notamment en faisant dans le discours pompeusement populiste. La sortie de mercredi dernier, à l’occasion d’une conférence de presse, a été particulièrement musclée. Ce fut un véritable réquisitoire contre le régime IBK et l’ancien Premier ministre Moussa Mara. Jugez-en

D’emblée, le MP 22 annonce la couleur : «Les faits prouvent à l’évidence aujourd’hui que la voie des négociations pour rétablir l’autorité du Mali sur Kidal n’était qu’une fraude imposée par la France. Les faits prouvent que cette prétendue « solution pacifique » loin d’aboutir à la paix est le prélude à un nouveau cycle de guerre de sécession au nord. Ce que les militants du MP22 ont appelé en bambara kelekoro ani kura dabo ». En clair, le MP22 ne croit pas à une issue par la voie des négociations. En lieu et place, il propose la libération armée du nord du pays : «Mort à l’Accord d’Alger ! Vive la libération armée ! »

Décidément, Tabouré, Professeur Rokia Sanogo, Me Mariam Diawara et les autres leaders du MP 22 n’y vont pas avec le dos de la cuillère, lorsqu’il s’agit de dénoncer les travers du régime IBK. Pour eux : « IBK, Mara et Soumeylou Boubèye Maïga ont confié à la France la défense de notre pays alors qu’il est avéré que le but de cette France est d’occuper le Mali et lui imposer la partition de « l’Azawad » par son « statut particulier », sa «large autonomie» puis son indépendance ».
Comme si cela ne suffisait pas comme charge contre IBK et Moussa Mara, le MP22 ajoute qu’ils ont «menti en cachant à notre peuple qu’ils ont cédé à la France les bases militaires de Tessalit et Gao que tous les régimes précédents ont refusé, notamment en chassant l’armée française à la date symbolique du 20 janvier 1961». C’est une dette à payer à Moussa Mara qui n’a pas sa langue dans sa poche. On verra dans les prochains jours…
Parlant toujours de l’Accord issu des pourparlers d’Alger, le MP22 estime que « IBK et son régime représentent en fait la trahison et les concessions criminelles honteuses…Libre à IBK de s’être précipité pour parapher une telle trahison qui n’apportera jamais une paix durable. Les Maliens n’ont pas élu IBK pour cette infamie et ils n’ont que faire d’une quelconque « sainte alliance » autour des signatures forcées des agents semi-coloniaux et esclavagistes de l’impérialisme ».
Infamie ! le mot a été lâché par le MP22 qui a d’ailleurs récidivé : «Les Maliens n’ont pas non plus élu IBK pour l’autre infamie qui a consisté à la levée des mandats d’arrêt de la justice malienne contre les élus et chefs de guerre rebelles assassins d’Aguelhok ; au recyclage électoral de trois (députés rebelles) barons djihadistes et terroristes au sein du parti présidentiel RPM alors qu’on nous jure que « nul ne sera au-dessus de la loi».
Autant de griefs qui poussent le MP22 à faire une affirmation aux allures de mot d’’ordre : « Le temps est venu pour tous ceux qui s’illusionnent encore sur ce régime de rompre définitivement avec lui… ».

Samaké  et le DG de la police Hamidou Kansaye

SCANDALE AUTOUR DU PASSEPORT MALIEN

Le document qui incrimine le Général Sada

Photo page 3Pour expliquer la pénurie artificielle de passeports, on a toujours essayé de se défausser sur la société canadienne à laquelle le marché des passeports maliens avait été octroyé et qui a servi le Mali durant plusieurs années. Elle aurait refusé de livrer de nouveaux stocks du fameux sésame, exigeant au préalable le paiement intégral des créances qu’elle a sur l’Etat malien. Mais il se trouve que la vérité est ailleurs : on a voulu planter brusquement les Canadiens au profit d’une société française, sur la base d’une convention valant marché. Par entente directe. Dès lors, un jeu d’intérêt a pollué l’atmosphère et un réseau de trafic du document de voyage a profité de la situation.

 

Malgré la visite effectuée par le Ministre Sada Samaké au service de l’émigration où il avait donné des instructions pour confectionner des passeports en masse afin de résorber la demande, la situation restait bloquée. En d’autres termes, la pénurie persistait. Pendant ce temps, les rabatteurs continuaient de réclamer entre 200 000 et 250 000 FCFA pour sortir un passeport à celui qui le désirait. Et dans un délai record ! Il y avait donc une longue chaîne de complicité, jusqu’au sein du service de l’émigration, pour permettre la pérennisation d’un tel réseau de trafic de ce document de voyage.

Rappelons que lors de sa visite au service de l’émigration il y a un mois, le Général Sada Samaké avait entendu dire qu’au préalable, l’ordre avait été donné de ne délivrer que peu de passeports par jour. Ce qui l’avait mis hors de ses gonds et il avait demandé d’en confectionner autant que possible. Même s’il fallait atteindre le rythme de 4000 par jour.

De toute façon, la sortie du Général Sada Samaké a été une tempête dans un verre d’eau car son ordre n’a pas été respecté, la production de passeports continuant de se faire au ralenti, sur fond de pénurie. Il fallait « continuer de serrer ». Cela coince donc quelque part !

Pour preuve que c’est une pénurie artificiellement créée, il y a eu une nette amélioration de la situation, depuis que le Président IBK et le Premier ministre sont montés au créneau pour tancer le ministre de la Sécurité et à travers ce dernier, le DG de la police nationale, pour que le passeport malien soit un document disponible pour les citoyens.

Actuellement, tous les dossiers en souffrance au service de l’immigration ont été vidés, ou presque. Des centaines de passeports sont délivrés par jour. Le ministre de la Sécurité et de la protection civile, Général Sada Samaké et le DG de la police nationale, Hamidou Kansaye, se sont empressés d’aller rendre visite aux agents et cadres du service de l’émigration, certainement pour leur faire connaître la volonté exprimée par Koulouba de ne plus être interpellé pour cette affaire de soi-disant pénurie de passeports.

Pourtant, lors du pèlerinage à la Mecque de l’année 2014, des Guinéens interdits de se rendre à la Mecque pour cause d’Ebola, ont pu se procurer le passeport malien et effectuer ainsi le voyage saint. Les trafiquants de passeport malien sont passés par là. Une fois ce procédé découvert par les autorités saoudiennes, les vrais pèlerins maliens ont failli payer les frais de ce crime.

C’est dire que le problème de stock de documents ne se pose pas et ne saurait justifier la pénurie artificielle créée autour de ce document de voyage. Il y aurait des milliers de passeports vierges dans les magasins du service de l’émigration. Le contentieux entre le fournisseur canadien et nos autorités serait surtout à la base de cette situation. Pour mieux disqualifier les Canadiens, il faut créer une atmosphère de pénurie pour embarquer le gouvernement dans la validation de la convention signée avec la société française Oberthur Technologies, à laquelle l’Algérie et le Burkina Faso ont opposé une fin de non recevoir. En d’autres termes, ces pays ont refusé de lui donner le marché de confection de leurs passeports pour des raisons liées à des soucis sécuritaires, notamment en ce qui concerne le traitement des données collectées.  

Dans un document confidentiel dénommé «Accord de collaboration») dont nous publions la copie, l’Etat du Mali, par la signature du ministre de la Sécurité intérieure et de la protection civile, a décidé d’octroyer le marché de conception des passeports maliens à la société de droit français «Oberthur Technologies». «L’accord de collaboration» a été bel et bien signé, côté malien par le Général Sada Samaké ministre de la Sécurité et côté français par M. Guy Clec‘h.